Bamako, Mali
"D'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde,
les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires″
ONU, Objectifs du Millénaire
par Charline R. étudiante.
Un voyage en premier lieu « touristique » qui nous a en réalité mené bien plus loin. Dès notre arrivée à Bamako, nous avons pu rencontrer Mustapha. Ses coordonnées nous avait sympathiquement été données par un membre de l’association Jamais ABOU de souffle et il a paru tout naturel pour lui de nous proposer un déjeuner pour faire connaissance et nous aider à nous orienter dans Bamako. Nous avons poursuivi notre route vers l'est du Mali le lendemain, et de retour à Bamako une semaine plus tard, Moustapha, qui ne pouvait malheureusement pas être présent, nous a, par l’intermédiaire de son fils, permis de visiter l’école Joseph Ki Zerbo dans le quartier Djikoroni Para. Ce quartier semble délaissé des touristes et nous n’aurions jamais pu accéder à cette école sans sa précieuse aide. L’école, on ne voit qu’elle lorsqu’on arrive sur la petite place, le bâtiment se dresse devant nous près d’un terrain qui est la cour de l’école. Nous traversons cet espace où les enfants jouent au foot, du matin au soir nous dira par la suite Modibo, car ils sont en période de vacances. Sur place, Modibo Coulibaly, le directeur, nous accueille et entame la visite. Il nous montre les classes une à une, en expliquant à chaque fois le niveau, le nombre d’élèves. Il y a parfois des traces d’examens effectués avant les vacances et pas encore effacées sur les tableaux. Il peut donc aussi nous montrer ce que certains élèves apprennent en ce moment: histoire et de géographie du Mali, sciences physique et naturelle, agriculture, et même une récitation de J. Aicard intitulée Ma Mère. Il est aussi très heureux de nous montrer la salle d’informatique, équipée d’un certain nombre d’ordinateurs et connectée à internet, puis la visite continue sur les autres étages. Au détour de la conversation sur l’école et les élèves, il en vient à nous parler de son histoire personnelle, de sa volonté de fer pour la construction et la survie de cette école, des travaux réalisés grâce à l’association, du chantier de la construction, des nouvelles classes qui ont pu s’ouvrir, des résultats et des progrès effectués. Dans ses mots il est en effet très clair qu’il est fier des progrès de ses élèves et des résultats des examens. Cependant, il n’omet pas de nous faire part qu’il persiste une ombre à ce tableau : les failles du système d’éducation malien, où la tendance est à la privatisation de nombreuses écoles et où l’Etat se désinvestit progressivement de l’éducation. Il ne manque pas de souligner que l’implication des associations est nécessaire voire indispensables pour soutenir l’éducation que l’Etat délaisse et pour permettre l’accès à l’école à tous les enfants au Mali. Avant de repartir, il nous tend un carnet et nous invite à y marquer nos impressions, « pour laisser un petit bout de votre passage ici » explique-t-il. Nous y avons inscrit, et c’est ce que je retiens principalement de ce voyage et de ces rencontres, pour tous les gens de l’association ainsi que ceux qui ont participé de loin ou de près à ces projets, qu’il est bon de voir qu’il y a toujours des gens qui y croient et qui se donnent les moyens, quels qu’ils soient, de réaliser de tels projets, en souhaitant une belle réussite aux élèves de l’école Joseph Ki Zerbo.