C'est ici que tout a commencé!

Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 10:41

Toutes les actions entreprises par l'association bénéficient d'un suivi permanent à Bamako par Mohamadou Dembélé.

A 44 ans, Mohamadou Dembélé est plus connu sous le nom de Moustapha. Marié, il est le père de 3 enfants et d'une fille adoptive. Après de brèves études, il se lança dans la vie active comme vendeur ambulant, tout en suivant des cours du soir dans une école de tourisme. Il devint ainsi le compagnon d'escale des navigants d'Air France, auxquels il vend encore aujourd'hui des fruits et légumes. Promoteur du tourisme au Mali, il dirige une agence de voyage ''Mustapha Tours'' qu'il a lui même créée il y a quelques années.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Moustapha est en relation permanente avec de nombreuses associations humanitaires. Il est président d?une association, l'AASPSCJ (Association pour l?Appui à la scolarisation et à la Promotion socioculturelles des Jeunes), qu'il a créée avec ses amis pour prendre en charge les problèmes des enfants en situation difficile ou vivant dans des conditions qui pourraient compromettre leur avenir.

Moustapha est donc très naturellement devenu le relais sur place de l'association.

Tous les jours au contact des enfants, il est à leur écoute, répond à leurs besoins, les encourage et veille également sur la santé des plus démunis.

Il rend visite régulièrement aux parents dont les frais de scolarité des enfants sont pris en charge par l'association, leur rappelant que l?aide apportée par "Jamais ABOU de souffle" s'avèrera insuffisante s'ils ne permettent pas à leurs enfants d'apprendre dans de bonnes conditions au domicile familial.

Moustapha rappelle ainsi régulièrement aux familles que l'aide et le soutien apportés par les parents, singulièrement par la mère, constitue un facteur essentiel pour la poursuite du cursus scolaire et permet d'éviter le redoublement, de même que la contribution des enfants aux tâches ménagères est un facteur qui augmente de façon significative les risques d'échec et d'abandon. Moustapha tente aussi de faire admettre aux parents que les enfants qui sont habitués à entreprendre des activités monnayées ou rémunérées ont tendance à abandonner l'école au profit de cette activité.

 

 

 

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 12:27

Le constat développé dans le chapitre précédent fut rapidement mis en parallèle avec la situation personnelle d'Abou et de ses camarades de classe d'une part, les locaux et les moyens financiers de l'école Sigi Ja d'autre part.

Ainsi, si les chiffres cités plus haut sont des moyennes nationales et par là même susceptibles de grandes variations entre une école du centre de Bamako et celle d'un village de brousse, il n'en demeure pas moins que de très nombreuses écoles des quartiers les plus pauvres de Bamako, et parmi celles-ci l'école Sigi Ja, connaissent une situation très proche du constat moyen.

A ce stade de nos découvertes, et sans qu?une longue réflexion ait été nécessaire, il apparut comme une évidence qu'il fallait passer à l'action, si modestes soient les moyens que nous pourrions déployer dans les premiers temps.

Pour l?heure, il s'agissait de laisser parler son coeur !

L'association " Jamais ABOU de souffle " était née !

Les statuts

L?association a été créée le 2 juillet 2006. Ses statuts sont ceux d'une association à but non lucratif, et sont conformes aux critères de définition de l?intérêt général.

L?association a été inscrite au Registre des associations du Tribunal d'Instance de Metz le 20 juillet 2006.

Membres fondateurs

M. Philippe Schmitt, Président, Commandant de bord Airbus A340

Mme Marie-Alix Nevin, Vice-Présidente, Docteur en Médecine

Mme Pascale Marchand, Secrétaire, Institutrice

M. Daniel Rosolek, Trésorier, Directeur commercial

Mme Christine Jeanmaire, Chercheur

Mlle Camille Schmitt, Etudiante en Médecine

M. Robin Schmitt, Lycéen

Buts

L'association a pour objet de mettre en place des liens entre les écoles primaires de Bamako (Mali) et celles de la région de Metz qui le souhaitent, afin de favoriser les échanges entre les enfants et d?enrichir ainsi leurs horizons par une connaissance mutuelle.

Par ailleurs, l'association se propose d'organiser la collecte de fournitures et de manuels scolaires dans le but de faciliter le fonctionnement d'écoles primaires de la région de Bamako.

L'association axe aussi son action sur la recherche de fonds dans le but de financer la réfection et la construction de salles de classe.

Enfin, l'association favorise le parrainage de la scolarité de jeunes enfants et la prise en charge de leurs frais de scolarité, quand les parents ne peuvent s'acquitter de ces frais.

Situation au 31/12/06

Après 5 mois d?exercice, l'association compte plus de 60 membres et donateurs. Parmi ceux-ci figurent un certain nombre de navigants d'Air France, ce qui permet à l'association d'avoir un contact quasi permanent avec les écoles suivies à Bamako.

Alphabou, le journal de l'association

Un journal, dont le titre est Alphabou, est édité selon une périodicité bimestrielle, à l'attention des adhérents et des donateurs. Il se fait l'écho des dernières informations concernant les actions de l?association et les projets qu'elle soutient.

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 13:00

Situation du système éducatif malien en 2004

A la lecture des nombreux rapports publiés sur le sujet par le gouvernement malien, les ONG présentes sur le terrain, ainsi que par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, il apparaît que le système éducatif malien, comme d'ailleurs de nombreux systèmes éducatifs de pays subsahariens, se caractérise essentiellement par :

  • Un faible taux de scolarisation, et des disparités entre garçons et filles
  • Une faiblesse de la qualité de l'éducation due entre autres, à un manque notoire de manuels et de matériels didactiques, à une insuffisance manifeste de la formation initiale et continue du corps enseignant et à une déficience des capacités d'accueil
  • Une insuffisance du financement
  • Un faible degré de sensibilisation et d'information de tous les acteurs impliqués, à savoir : élèves, enseignants, parents et communautés
  • Une dégradation persistante du cadre de vie et des conditions de travail du personnel de l'éducation.

Ainsi, en ce qui concerne plus précisément le cycle d'enseignement fondamental pour les enfants de 7 à 13 ans, les derniers chiffres publiés par l?UNESCO sur son site  (http://www.uis.unesco.org/profiles/FR/EDU/countryProfile_fr.aspx?code=4660), font état, pour l'année 2004 :

  • d'un taux net de scolarisation d?à peine 46% (50% pour les garçons et 43% pour les filles)
  • d'un taux de redoublement de 19%
  • d'un taux d?accès à la dernière année du cycle primaire de 44%
  • d'un taux de réussite à l?examen de fin de premier cycle (CFEPCEF) de 55,9%

 Objectifs du gouvernement malien : le PRODEC

Le gouvernement malien a officiellement lancé en 1998 le Programme décennal de Développement de l'Education, avec pour objectifs concernant l'éducation de base, de :

 

  •   porter le taux brut de scolarisation à 75% en 2008 et en particulier 70% pour les filles
  • appuyer la construction et l'équipement de 18.000 salles de classe
  • réhabiliter 9000 salles de classe
  • recruter en moyenne 2450 enseignants par an par l'Etat, les collectivités décentralisées, les communautés et le privé
  • atteindre un ratio d'un livre par élève en première et deuxième année, deux livres par élève en 3e et 4e année, quatre livres par élève en 5e et 6e année.
  • L'ONU : Objectifs du Millénaire

    Citons un rapport de l'ONU (http://www.un.org/french/millenniumgoals/goal_2.html) :

    " C'est l'éducation qui permet de choisir la vie que l'on mènera et de s?exprimer avec confiance dans ses relations personnelles, son milieu et son travail. Les 115 millions d'enfants d'âge scolaire du primaire qui ne sont pas scolarisés se voient refuser l'exercice d'un droit fondamental. Il s'agit surtout d'enfants de familles pauvres, dont la mère, le plus souvent, n'a pas fréquenté l'école non plus.

    Ce gaspillage de potentiels ne touche pas seulement les enfants car l'éducation, notamment celle des filles, comporte des avantages sociaux et économiques pour l'ensemble de la société. Une femme éduquée a de meilleures perspectives économiques et participe davantage à la vie publique.

    Tous ces points positifs [d'une scolarité pour tous] sont autant d'armes contre le cercle vicieux de la pauvreté. Mais pour que toutes les régions du monde atteignent cet objectif, il faudra renforcer considérablement l'action entreprise en particulier en Afrique subsaharienne. Il faut aussi s'efforcer, tout en les scolarisant, de maintenir les enfants à l'école, surtout les plus difficiles à atteindre, et de leur donner une éducation de qualité ".

    D'où l'objectif suivant :

    " d'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires " (OMD2)

     

     Education et niveau de vie

    On estime qu'une augmentation de 1 % de la population active accédant à l'éducation de base entraîne une hausse de 6 à 15 % du revenu perçu par les plus pauvres.

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 13:15

Sans Abou, personne en France n'aurait sans doute jamais entendu parler de l?école Sigi Ja ! Après avoir rencontré le directeur de l'école dans laquelle Abou est scolarisé, Philippe se rendit sur place, afin de visiter les salles de classe, et de prendre conscience des conditions dans lesquelles instituteurs et écoliers travaillent. L'école Sigi Ja est située dans le quartier Niamakoro-Coco, un des secteurs les plus défavorisés de Bamako. Son nom signifie " entente entre les voisins ". Le directeur, Yaya KONATE, y accueille 250 élèves dans les six classes qui constituent le cycle primaire. La classe de cours préparatoire compte chaque année en moyenne 52 élèves ! Les salles de classe sont objectivement en très mauvais état : murs délabrés, sol en terre battue dont les trous témoignent du travail acharné des pluies qu?un toit en très mauvais état ne peut plus contenir.

Pas de manuel scolaire pour les enfants, pas de bibliothèque, aucune planche murale, aucun compas, rapporteur,  Avec de très faibles moyens, les 6 instituteurs font pourtant vivre avec passion et dévouement la devise de l'école:

" la recherche du savoir est une obligation humaine ".

Consultez les articles de ce blog concernant Sigi Ja: http://jamaisaboudesouffle.over-blog.com/categorie-998786.html

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 14:43

Lors de chaque arrivée et départ à l’aéroport de Bamako, les équipages d’Air France sont en contact avec des enfants qui viennent leur souhaiter " bonne arrivée ! " ou " bon vol ! ".

Philippe Schmitt est Commandant de Bord Airbus A340 et A330 à Air France. Son activité aérienne l'amène à fréquenter régulièrement cette escale africaine. En novembre 2005, juste avant son vol Bamako - Paris, Abou, un petit garçon que Philippe avait déjà rencontré à plusieurs reprises, lui remit, en lui disant au revoir, une enveloppe pliée en quatre et qu’il tenait jusqu’alors serrée dans sa petite main. Elle contenait un mot de quelques lignes, de l’écriture encore hésitante d’un de ses copains. Philippe apprenait ainsi qu’Abou n’avait plus de parents, et que cet enfant le considérait comme la seule personne à qui confier son vœu le plus cher : aller à l’école !

L’école la plus proche de chez lui est l’école Sigi Ja. Philippe, avec les conseils et l’aide de Moustapha Dembele, y a inscrit Abou Bah en janvier 2006. Ce garçon enthousiaste parcourt quotidiennement à pied les 7 km qui le séparent de l’école! Depuis le jour de son inscription, Abou n’a manqué aucun jour de classe ! Ses progrès sont très encourageants.

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /2008 11:14

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Bamako Paris, 12/02/2008
En pleine nuit, l’Airbus A330 file à 900 kilomètres par heure dans le ciel africain.
Cap au Nord, altitude 12.000 mètres.
Il y a quelques heures encore, j’étais parmi ces enfants de l’école Joseph Ki-Zerbo, à Bamako, à écouter avec émotion ce poème offert avec fierté, tel un cadeau de bienvenue unique, aux visiteurs du jour de l’association Jamais ABOU de souffle : " Village natal ".
Je relis ce poème entre deux points de report au-dessus du continent africain. Sur la fréquence radio, d’autres équipages d’Air France remontent vers Paris en provenance de toutes les escales subsahariennes du réseau. Quel contraste saisissant entre les mots d’enfants de ce poème et la technologie ultra sophistiquée du poste de pilotage qui s’étale sous mes yeux tel un environnement familier.
Ce soir, c’est mon dernier vol en Airbus A330, l’avenir m’appelant vers d’autres cieux parcourus cette fois-ci en Boeing B777.
Mélancolie. Et pourtant, à cet instant, je me sens, comme si souvent, heureux d’être aux commandes de cet avion. Vu du sol, il n’est qu’un petit point rouge clignotant, battant tel un cœur régulier qui éloigne ou rapproche femmes et hommes d’autant de femmes et d’hommes qui les aiment.
Au revoir Bamako… Kambè ! (à plus tard en bambara)
Mais point d’adieu cependant, car j’ai déjà fait mien ce proverbe africain : " Là où le cœur est, les pieds n’hésitent pas à aller ".

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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