Bamako Paris, 12/02/2008
En pleine nuit, l’Airbus A330 file à 900 kilomètres par heure dans le ciel africain.
Cap au Nord, altitude 12.000 mètres.
Il y a quelques heures encore, j’étais parmi ces enfants de l’école Joseph Ki-Zerbo, à Bamako, à écouter avec émotion ce poème offert avec fierté, tel un cadeau de bienvenue unique, aux visiteurs
du jour de l’association Jamais ABOU de souffle : " Village natal ".
Je relis ce poème entre deux points de report au-dessus du continent africain. Sur la fréquence radio, d’autres équipages d’Air France remontent vers Paris en provenance de toutes les escales
subsahariennes du réseau. Quel contraste saisissant entre les mots d’enfants de ce poème et la technologie ultra sophistiquée du poste de pilotage qui s’étale sous mes yeux tel un environnement
familier.
Ce soir, c’est mon dernier vol en Airbus A330, l’avenir m’appelant vers d’autres cieux parcourus cette fois-ci en Boeing B777.
Mélancolie. Et pourtant, à cet instant, je me sens, comme si souvent, heureux d’être aux commandes de cet avion. Vu du sol, il n’est qu’un petit point rouge clignotant, battant tel un cœur
régulier qui éloigne ou rapproche femmes et hommes d’autant de femmes et d’hommes qui les aiment.
Au revoir Bamako… Kambè ! (à plus tard en bambara)
Mais point d’adieu cependant, car j’ai déjà fait mien ce proverbe africain : " Là où le cœur est, les pieds n’hésitent pas à aller ".
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lors de chaque arrivée et départ à l’aéroport de Bamako, les équipages d’Air France sont en contact avec des enfants qui viennent leur souhaiter " bonne arrivée ! " ou " bon vol ! ".
Sans Abou, personne en France n'aurait sans doute jamais entendu parler de l?école Sigi Ja ! Après avoir rencontré le directeur de l'école dans laquelle Abou est scolarisé, Philippe se rendit sur place, afin de visiter les salles de classe, et de prendre conscience des conditions dans lesquelles instituteurs et écoliers travaillent. L'école Sigi Ja est située dans le quartier Niamakoro-Coco, un des secteurs les plus défavorisés de Bamako. Son nom signifie " entente entre les voisins ". Le directeur, Yaya KONATE, y accueille 250 élèves dans les six classes qui constituent le cycle primaire. La classe de cours préparatoire compte chaque année en moyenne 52 élèves ! Les salles de classe sont objectivement en très mauvais état : murs délabrés, sol en terre battue dont les trous témoignent du travail acharné des pluies qu?un toit en très mauvais état ne peut plus contenir.
Toutes les actions entreprises par l'association bénéficient d'un suivi permanent à Bamako par Mohamadou Dembélé.