Partager l'article ! Rencontre avec le chef du village où habite Abou: Abou m'attendait ce 25 mars 2007 devant l'hôtel de l'Amitié à Bamako. Je l'ai ret ...
Bamako, Mali
"D'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde,
les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires″
ONU, Objectifs du Millénaire
Abou m'attendait ce 25 mars 2007 devant l'hôtel de l'Amitié à Bamako.
Je l'ai retrouvé avec Moustapha, et nous sommes partis, en suivant les indications d'Abou, en direction de son village. Le chef de village voulait en effet me rencontrer.
De ce village situé à moins d'un kilomètre de l'aéroport, on aperçoit au loin la tour de contrôle qui se détache nettement sur l'horizon. De nuit, les lumières de l'aéroport sont les seules visibles à plusieurs kilomètres à la ronde. Madougou est un tout petit village à l'ombre de quelques arbres, entouré de terres arides. Cinq familles seulement y habitent. A l'origine nomades, elles s'y sont installées en 1953. Il n'y a ni électricité ni eau potable à Madougou. Deux puits permettent l'arrosage des cultures. Quelques poules s'enfuient à notre arrivée, alors qu'une demi-douzaine de vaches et quelques chèvres efflanquées nous dévisagent.
Un grenier à mil abrite, sur la petite place centrale, la réserve de nourriture pour tous les habitants.
Silamahara DIALLO, 84 ans, est le chef respecté de ce
village. Au cours de notre conversation, il m'apprend qu'il a recueilli Abou il y a 3 ans, ayant été informé par les enfants du village que ce petit garçon sans famille vivait seul, à l'aéroport,
des quelques bricoles ou euros donnés par les passagers des avions en partance. Silamahara sait qu'Abou est né à Nioro du Sahel, à la frontière mauritanienne. En revanche, tout le monde ignore
comment Abou a parcouru les quelques 500 km de piste séparant Nioro de Bamako, et lui-même n'en parle jamais.
C'est donc à Madougou qu'Abou a retrouvé une deuxième famille.
Parmi tous les enfants du village, je retrouve avec étonnement et très grand plaisir, de nombreux visages connus. En effet, un certain nombre de ces enfants sont scolarisés à l'école Sigi Ja. Les enfants me font visiter le village, leurs maisons, et se rassemblent avec plaisir pour une photo: http://jamaisaboudesouffle.over-blog.com/album-349371.html