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Bamako, Mali
"D'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde,
les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires″
ONU, Objectifs du Millénaire
Bamako Paris, 12/02/2008
En pleine nuit, l’Airbus A330 file à 900 kilomètres par heure dans le ciel africain.
Cap au Nord, altitude 12.000 mètres.
Il y a quelques heures encore, j’étais parmi ces enfants de l’école Joseph Ki-Zerbo, à Bamako, à écouter avec émotion ce poème offert avec fierté, tel un cadeau de bienvenue unique, aux visiteurs
du jour de l’association Jamais ABOU de souffle : " Village natal ".
Je relis ce poème entre deux points de report au-dessus du continent africain. Sur la fréquence radio, d’autres équipages d’Air France remontent vers Paris en provenance de toutes les escales
subsahariennes du réseau. Quel contraste saisissant entre les mots d’enfants de ce poème et la technologie ultra sophistiquée du poste de pilotage qui s’étale sous mes yeux tel un environnement
familier.
Ce soir, c’est mon dernier vol en Airbus A330, l’avenir m’appelant vers d’autres cieux parcourus cette fois-ci en Boeing B777.
Mélancolie. Et pourtant, à cet instant, je me sens, comme si souvent, heureux d’être aux commandes de cet avion. Vu du sol, il n’est qu’un petit point rouge clignotant, battant tel un cœur
régulier qui éloigne ou rapproche femmes et hommes d’autant de femmes et d’hommes qui les aiment.
Au revoir Bamako… Kambè ! (à plus tard en bambara)
Mais point d’adieu cependant, car j’ai déjà fait mien ce proverbe africain : " Là où le cœur est, les pieds n’hésitent pas à aller ".