C'est ici-même que débuteront en octobre prochain les travaux de construction de la nouvelle école Ki-Zerbo.
4 salles de classe seront disponibles dans moins d'un an!
Bamako, Mali
"D'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde,
les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires″
ONU, Objectifs du Millénaire
Au regard des résultats obtenus de la création de l'Ecole à ce jour malgré les difficultés rencontrées, nous avons fait des projections pour l'avenir.
Nous envisageons dans les prochains mois d'équiper une salle de deux ordinateurs avec leurs accessoires pour l'initiation des élèves à l'informatique.
Mais surtout, pour la rentrée scolaire en septembre 2007, nous voudrions construire trois nouvelles classes avec quatre toilettes et trois bureaux pour la Direction. Ces infrastructures seront bâties sur le terrain que l'école a acquis. Ce terrain constitue une propriété et se situe à quelques mètres des locaux du siège actuel de l'école. Donc, il s'agit pour nous de construire dans un premier temps le rez-de-chaussée des bâtiments du complexe scolaire.
Dans les trois années suivantes, nous aimerions achever les trois niveaux prévus de l'étage de l'école Joseph Ki Zerbo. Au terme de ces travaux l'école aura dix huit salles de classe dont elle sera propriétaire, conformément au plan de construction correspondant à ce projet.
Avec 18 salles de classes et une moyenne de 36 élèves par classe, nous estimons que la situation pédagogique de notre école s'en trouverait nettement améliorée. Les élèves étudieront dans un environnement idéal, propice à leur épanouissement complet.
La situation financière de l'école n'est pas aisée. Cela est dû au fait que nous sommes confrontés à des difficultés dans le recouvrement des cotisations. Les parents des élèves, malgré leur volonté de s'acquitter des frais de scolarité de leurs enfants, n'ont toujours pas de revenus suffisants pour payer régulièrement lesdites cotisations.
Les charges augmentant d'année en année en fonction du développement de l'activité, il va sans dire que des problèmes de trésorerie se posent de temps à autres. Ces augmentations sont perceptibles au niveau même du loyer qui est passé de 170 000 Francs CFA en 2005 à 220 000 Francs CFA en 2006.
La cotisation étant en moyenne de 25 000 Francs CFA par an par élève et l'effectif d'environ 450 élèves au primaire et 200 élèves au collège.
Compte tenu des difficultés financières dans lesquelles se débattent de nombreuses familles, les budgets sont élaborés avec un taux de recouvrement en fonction de 80%.
Le Mali connaît, depuis un certain nombre d'années, de grosses difficultés quant à l'absorption de nombreux jeunes diplômés sur le marché de l'emploi. Notre école, à ce jour, en employant 6 enseignants au primaire, 11 enseignants au collège, contribue incontestablement à la création d'emploi. Elle crée des ressources pour de nombreux jeunes diplômés et donne l'occasion à ceux-ci de mettre en pratique les connaissances qu'ils ont acquises et de s'améliorer davantage.
Compte tenu du fait que nous sommes dans un environnement où les revenus des populations sont souvent très faibles, nous acceptons l'inscription d'un certain nombre d'élèves venant de familles à ressources très limitées ou totalement démunies.
Nous pouvons citer, entre autres, le cas des orphelins de père et/ou de mère. L'école, malgré les difficultés qu'elle traverse, a toujours accepté de s'occuper de ces enfants en situation difficile pour leur redonner l'espoir et les mêmes chances que les autres enfants.
De plus, par l’intermédiaire de l'Association, nous parvenons d'une part, le plus souvent à distribuer à ces enfants des cahiers, des bics, des livres, des crayons de papier, des gommes, des crayons de couleur et d'autre part, et à mettre ces enfants démunis en relation avec les enfants de certaines écoles françaises pour qu'ils échangent avec eux. Quoique nos moyens soient limités, nous déployons des efforts pour montrer à ces enfants qu'ils ont toujours des parents. Cette situation, bien qu'elle occasionne des charges supplémentaires en terme d'outils scolaires et le recours à de nombreux services d'enseignants, nous permet par ailleurs de donner du travail à un plus grand nombre d'enseignants.
L'Ecole fondamentale Joseph Ki Zerbo a ouvert ses portes en octobre 1996. Elle comptait deux classes (1e et 2e année) avec un effectif total de 32 élèves.
Nous étions deux enseignements à gérer l'école, Justin COULIBALY et moi-même Modibo COULIBALY. Justin avait en charge la 1e année et moi-même la 2e année. Nous avions passé cette première année d'activité dans des conditions extrêmement difficiles.
La deuxième année d'exercice 1997-1998, a été une année un peu meilleure que la première. En cette année, nous avons ouvert la 3e année, ce qui complétait à trois le nombre total des classes. L'effectif était de 42 élèves et le nombre d'enseignants était de trois.
Au démarrage de la troisième année, nous avons ouvert la 4e année. L'effectif était passé à 84 élèves et le nombre d'enseignants à 4 personnes. Malgré les nombreuses difficultés relatives à la non régularité dans le paiement des cotisations et l'importance des dépenses liées au fonctionnement, nous avons travaillé et obtenu de bons résultats. Nous avons conscience de notre tâche et pour cela, nous faisons de grands efforts afin de pérenniser les acquis et développer notre activité.
L'année qui a suivi, nous avons créé la 5e année et il était question de trouver un maître très expérimenté pouvant préparer la classe pour l'année suivante: la 6e année. A la fin de la cinquième année, nous étions confiants car nous étions convaincus que la formation donnée aux élèves était d'une grande qualité.
A l'issue de la cinquième année d'activité, nous avons créé la 6e année. C'était l'année où il fallait sortir de l'anonymat. Il fallait bien travailler davantage pour faire de bons résultats à l'examen d'entrée au collège. Fin juin, à la proclamation des résultats, nous avons enregistré un taux d'admission de 74%. Depuis lors, l'école est passée de succès en succès.
C'est pourquoi, aujourd'hui, le taux d'admission est de 100% à l'examen du Certificat d'études primaires (CEP).
Quant au collège, il a été créé en octobre 2002. Il a démarré avec une classe de 7e année d'un effectif de 24 élèves encadrés par 6 professeurs. Trois années plus tard, nous avons ouvert la 9e année. C'était la première fois que nous préparions les élèves à l'examen du Diplôme d'Etudes Fondamentales ( D.E.F). En fin d'année, nous avons eu un taux de réussite de 46,54%. Ce premier résultat n'a pas été à la hauteur de nos attentes quand bien même nous étions parmi les mieux classés de cette session dans notre Inspection. Avec notre volonté de mieux faire, en 2006, nous avons eu un taux d'admission de 80% à l'examen du Diplôme d'Etudes Fondamentales ( D.E.F ).
Désormais, nous comptons consolider ces acquis pour le bien-être des enfants, le devenir de notre école et partant celui de notre Pays. C'est pourquoi, nous avons introduit l'organisation des cours gratuits dans les classes d'examen pendant les vacances et des cours en fin d'année scolaire pour mieux préparer les candidats aux différents examens et rehausser davantage leur niveau d'instruction.
Nous avons donné le nom Joseph Ki Zerbo à l'école pour immortaliser l'homme qui selon lui-même est un africain avant d'être un Burkinabé. Il est un Grand historien, un archéologue, un savant.
Pendant longtemps, l'histoire de l'Afrique est restée déformée, dénaturée par des penseurs comme Hegel qui a affirmé dans l'un de ses ouvrages célèbres que l'Afrique est restée dans la nuit noire de l'enfance.
Fort de toutes ces considérations, le professeur Joseph Ki Zerbo s'est levé pour faire des recherches et prouver que l'Afrique, loin d'être le continent sauvage auquel on l'assimile, a connu de grandes civilisations, de grands empires qui ont eu à échanger des biens et des valeurs culturelles avec d'autres peuples comme l'Inde, le monde arabe, etc. En somme, Joseph Ki Zerbo est l'un des savants qui ont redonné à l'histoire africaine son vrai visage.
Donc, à l'instar de Joseph Ki Zerbo, l'ambition que nous avons est d'amener l'école malienne à jouer son véritable rôle qui est celui d'une école répondant aux exigences de formation et d'éducation dans le monde moderne.