Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 13:00

Situation du système éducatif malien en 2004

A la lecture des nombreux rapports publiés sur le sujet par le gouvernement malien, les ONG présentes sur le terrain, ainsi que par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, il apparaît que le système éducatif malien, comme d'ailleurs de nombreux systèmes éducatifs de pays subsahariens, se caractérise essentiellement par :

  • Un faible taux de scolarisation, et des disparités entre garçons et filles
  • Une faiblesse de la qualité de l'éducation due entre autres, à un manque notoire de manuels et de matériels didactiques, à une insuffisance manifeste de la formation initiale et continue du corps enseignant et à une déficience des capacités d'accueil
  • Une insuffisance du financement
  • Un faible degré de sensibilisation et d'information de tous les acteurs impliqués, à savoir : élèves, enseignants, parents et communautés
  • Une dégradation persistante du cadre de vie et des conditions de travail du personnel de l'éducation.

Ainsi, en ce qui concerne plus précisément le cycle d'enseignement fondamental pour les enfants de 7 à 13 ans, les derniers chiffres publiés par l?UNESCO sur son site  (http://www.uis.unesco.org/profiles/FR/EDU/countryProfile_fr.aspx?code=4660), font état, pour l'année 2004 :

  • d'un taux net de scolarisation d?à peine 46% (50% pour les garçons et 43% pour les filles)
  • d'un taux de redoublement de 19%
  • d'un taux d?accès à la dernière année du cycle primaire de 44%
  • d'un taux de réussite à l?examen de fin de premier cycle (CFEPCEF) de 55,9%

 Objectifs du gouvernement malien : le PRODEC

Le gouvernement malien a officiellement lancé en 1998 le Programme décennal de Développement de l'Education, avec pour objectifs concernant l'éducation de base, de :

 

  •   porter le taux brut de scolarisation à 75% en 2008 et en particulier 70% pour les filles
  • appuyer la construction et l'équipement de 18.000 salles de classe
  • réhabiliter 9000 salles de classe
  • recruter en moyenne 2450 enseignants par an par l'Etat, les collectivités décentralisées, les communautés et le privé
  • atteindre un ratio d'un livre par élève en première et deuxième année, deux livres par élève en 3e et 4e année, quatre livres par élève en 5e et 6e année.
  • L'ONU : Objectifs du Millénaire

    Citons un rapport de l'ONU (http://www.un.org/french/millenniumgoals/goal_2.html) :

    " C'est l'éducation qui permet de choisir la vie que l'on mènera et de s?exprimer avec confiance dans ses relations personnelles, son milieu et son travail. Les 115 millions d'enfants d'âge scolaire du primaire qui ne sont pas scolarisés se voient refuser l'exercice d'un droit fondamental. Il s'agit surtout d'enfants de familles pauvres, dont la mère, le plus souvent, n'a pas fréquenté l'école non plus.

    Ce gaspillage de potentiels ne touche pas seulement les enfants car l'éducation, notamment celle des filles, comporte des avantages sociaux et économiques pour l'ensemble de la société. Une femme éduquée a de meilleures perspectives économiques et participe davantage à la vie publique.

    Tous ces points positifs [d'une scolarité pour tous] sont autant d'armes contre le cercle vicieux de la pauvreté. Mais pour que toutes les régions du monde atteignent cet objectif, il faudra renforcer considérablement l'action entreprise en particulier en Afrique subsaharienne. Il faut aussi s'efforcer, tout en les scolarisant, de maintenir les enfants à l'école, surtout les plus difficiles à atteindre, et de leur donner une éducation de qualité ".

    D'où l'objectif suivant :

    " d'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires " (OMD2)

     

     Education et niveau de vie

    On estime qu'une augmentation de 1 % de la population active accédant à l'éducation de base entraîne une hausse de 6 à 15 % du revenu perçu par les plus pauvres.

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 12:27

Le constat développé dans le chapitre précédent fut rapidement mis en parallèle avec la situation personnelle d'Abou et de ses camarades de classe d'une part, les locaux et les moyens financiers de l'école Sigi Ja d'autre part.

Ainsi, si les chiffres cités plus haut sont des moyennes nationales et par là même susceptibles de grandes variations entre une école du centre de Bamako et celle d'un village de brousse, il n'en demeure pas moins que de très nombreuses écoles des quartiers les plus pauvres de Bamako, et parmi celles-ci l'école Sigi Ja, connaissent une situation très proche du constat moyen.

A ce stade de nos découvertes, et sans qu?une longue réflexion ait été nécessaire, il apparut comme une évidence qu'il fallait passer à l'action, si modestes soient les moyens que nous pourrions déployer dans les premiers temps.

Pour l?heure, il s'agissait de laisser parler son coeur !

L'association " Jamais ABOU de souffle " était née !

Les statuts

L?association a été créée le 2 juillet 2006. Ses statuts sont ceux d'une association à but non lucratif, et sont conformes aux critères de définition de l?intérêt général.

L?association a été inscrite au Registre des associations du Tribunal d'Instance de Metz le 20 juillet 2006.

Membres fondateurs

M. Philippe Schmitt, Président, Commandant de bord Airbus A340

Mme Marie-Alix Nevin, Vice-Présidente, Docteur en Médecine

Mme Pascale Marchand, Secrétaire, Institutrice

M. Daniel Rosolek, Trésorier, Directeur commercial

Mme Christine Jeanmaire, Chercheur

Mlle Camille Schmitt, Etudiante en Médecine

M. Robin Schmitt, Lycéen

Buts

L'association a pour objet de mettre en place des liens entre les écoles primaires de Bamako (Mali) et celles de la région de Metz qui le souhaitent, afin de favoriser les échanges entre les enfants et d?enrichir ainsi leurs horizons par une connaissance mutuelle.

Par ailleurs, l'association se propose d'organiser la collecte de fournitures et de manuels scolaires dans le but de faciliter le fonctionnement d'écoles primaires de la région de Bamako.

L'association axe aussi son action sur la recherche de fonds dans le but de financer la réfection et la construction de salles de classe.

Enfin, l'association favorise le parrainage de la scolarité de jeunes enfants et la prise en charge de leurs frais de scolarité, quand les parents ne peuvent s'acquitter de ces frais.

Situation au 31/12/06

Après 5 mois d?exercice, l'association compte plus de 60 membres et donateurs. Parmi ceux-ci figurent un certain nombre de navigants d'Air France, ce qui permet à l'association d'avoir un contact quasi permanent avec les écoles suivies à Bamako.

Alphabou, le journal de l'association

Un journal, dont le titre est Alphabou, est édité selon une périodicité bimestrielle, à l'attention des adhérents et des donateurs. Il se fait l'écho des dernières informations concernant les actions de l?association et les projets qu'elle soutient.

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 10:41

Toutes les actions entreprises par l'association bénéficient d'un suivi permanent à Bamako par Mohamadou Dembélé.

A 44 ans, Mohamadou Dembélé est plus connu sous le nom de Moustapha. Marié, il est le père de 3 enfants et d'une fille adoptive. Après de brèves études, il se lança dans la vie active comme vendeur ambulant, tout en suivant des cours du soir dans une école de tourisme. Il devint ainsi le compagnon d'escale des navigants d'Air France, auxquels il vend encore aujourd'hui des fruits et légumes. Promoteur du tourisme au Mali, il dirige une agence de voyage ''Mustapha Tours'' qu'il a lui même créée il y a quelques années.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Moustapha est en relation permanente avec de nombreuses associations humanitaires. Il est président d?une association, l'AASPSCJ (Association pour l?Appui à la scolarisation et à la Promotion socioculturelles des Jeunes), qu'il a créée avec ses amis pour prendre en charge les problèmes des enfants en situation difficile ou vivant dans des conditions qui pourraient compromettre leur avenir.

Moustapha est donc très naturellement devenu le relais sur place de l'association.

Tous les jours au contact des enfants, il est à leur écoute, répond à leurs besoins, les encourage et veille également sur la santé des plus démunis.

Il rend visite régulièrement aux parents dont les frais de scolarité des enfants sont pris en charge par l'association, leur rappelant que l?aide apportée par "Jamais ABOU de souffle" s'avèrera insuffisante s'ils ne permettent pas à leurs enfants d'apprendre dans de bonnes conditions au domicile familial.

Moustapha rappelle ainsi régulièrement aux familles que l'aide et le soutien apportés par les parents, singulièrement par la mère, constitue un facteur essentiel pour la poursuite du cursus scolaire et permet d'éviter le redoublement, de même que la contribution des enfants aux tâches ménagères est un facteur qui augmente de façon significative les risques d'échec et d'abandon. Moustapha tente aussi de faire admettre aux parents que les enfants qui sont habitués à entreprendre des activités monnayées ou rémunérées ont tendance à abandonner l'école au profit de cette activité.

 

 

 

Par Philippe - Publié dans : C'est ici que tout a commencé!
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 07:50

L'Ecole fondamentale Joseph Ki Zerbo a ouvert ses portes en octobre 1996. Elle comptait deux classes (1e et 2e année) avec un effectif total de 32 élèves.

Nous étions deux enseignements à gérer l'école, Justin COULIBALY et moi-même Modibo COULIBALY. Justin avait en charge la 1e année et moi-même la 2e année. Nous avions passé cette première année d'activité dans des conditions extrêmement difficiles.

La deuxième année d'exercice 1997-1998, a été une année un peu meilleure que la première. En cette année, nous avons ouvert la 3e année, ce qui complétait à trois le nombre total des classes. L'effectif était de 42 élèves et le nombre d'enseignants était de trois.

Au démarrage de la troisième année, nous avons ouvert la 4e année. L'effectif était passé à 84 élèves et le nombre d'enseignants à 4 personnes. Malgré les nombreuses difficultés relatives à la non régularité dans le paiement des cotisations et l'importance des dépenses liées au fonctionnement, nous avons travaillé et obtenu de bons résultats. Nous avons conscience de notre tâche et pour cela, nous faisons de grands efforts afin de pérenniser les acquis et développer notre activité.

L'année qui a suivi, nous avons créé la 5e année et il était question de trouver un maître très expérimenté pouvant préparer la classe pour l'année suivante: la 6e année. A la fin de la cinquième année, nous étions confiants car nous étions convaincus que la formation donnée aux élèves était d'une grande qualité.

A l'issue de la cinquième année d'activité, nous avons créé la 6e année. C'était l'année où il fallait sortir de l'anonymat. Il fallait bien travailler davantage pour faire de bons résultats à l'examen d'entrée au collège. Fin juin, à la proclamation des résultats, nous avons enregistré un taux d'admission de 74%. Depuis lors, l'école est passée de succès en succès.

C'est pourquoi, aujourd'hui, le taux d'admission est de 100% à l'examen du Certificat d'études primaires (CEP).

Quant au collège, il a été créé en octobre 2002. Il a démarré avec une classe de 7e année d'un effectif de 24 élèves encadrés par 6 professeurs. Trois années plus tard, nous avons ouvert la 9e année. C'était la première fois que nous préparions les élèves à l'examen du Diplôme d'Etudes Fondamentales ( D.E.F). En fin d'année, nous avons eu un taux de réussite de 46,54%. Ce premier résultat n'a pas été à la hauteur de nos attentes quand bien même nous étions parmi les mieux classés de cette session dans notre Inspection. Avec notre volonté de mieux faire, en 2006, nous avons eu un taux d'admission de 80% à l'examen du Diplôme d'Etudes Fondamentales ( D.E.F ).

Désormais, nous comptons consolider ces acquis pour le bien-être des enfants, le devenir de notre école et partant celui de notre Pays. C'est pourquoi, nous avons introduit l'organisation des cours gratuits dans les classes d'examen pendant les vacances et des cours en fin d'année scolaire pour mieux préparer les candidats aux différents examens et rehausser davantage leur niveau d'instruction.

Par Modibo Coulibaly, directeur - Publié dans : Ecole Joseph Ki-Zerbo
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 07:47

Nous avons donné le nom Joseph Ki Zerbo à l'école pour immortaliser l'homme qui selon lui-même est un africain avant d'être un Burkinabé. Il est un Grand historien, un archéologue, un savant.

Pendant longtemps, l'histoire de l'Afrique est restée déformée, dénaturée par des penseurs comme Hegel qui a affirmé dans l'un de ses ouvrages célèbres que l'Afrique est restée dans la nuit noire de l'enfance.

Fort de toutes ces considérations, le professeur Joseph Ki Zerbo s'est levé pour faire des recherches et prouver que l'Afrique, loin d'être le continent sauvage auquel on l'assimile, a connu de grandes civilisations, de grands empires qui ont eu à échanger des biens et des valeurs culturelles avec d'autres peuples comme l'Inde, le monde arabe, etc. En somme, Joseph Ki Zerbo est l'un des savants qui ont redonné à l'histoire africaine son vrai visage.

Donc, à l'instar de Joseph Ki Zerbo, l'ambition que nous avons est d'amener l'école malienne à jouer son véritable rôle qui est celui d'une école répondant aux exigences de formation et d'éducation dans le monde moderne.

Par Modibo Coulibaly, directeur - Publié dans : Ecole Joseph Ki-Zerbo
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 07:43

J’ai rencontré Modibo Coulibaly, Directeur de l’école Joseph Ki-Zerbo en octobre 2005, lors d’un court temps d’escale à Bamako.

Sa passion de l’enseignement, son dévouement total aux enfants, ainsi que la conscience aiguë du sens de sa mission me sont apparus comme remarquables et dignes d’être cités en exemple.

Modibo m’a retracé l’histoire de son école, comment il a pu régler le loyer des deux premières salles de classe de son école en vendant une paire de chaussures obtenue en échange de cours particulier, et comment, malgré le manque total de moyens financiers, elle s’est agrandie d’année en année pour permettre à ce jour la scolarité des enfants jusqu’à la fin du collège.

L’école Joseph Ki-Zerbo a obtenu en 2006 un taux de réussite de 100% à l’examen de fin d’études primaires, quand la moyenne nationale est seulement de 57%.

Modibo m’a plus tard entretenu de son projet de construction d’école.

Cette réalisation permettra la réalisation d’un triple objectif :

en passant du statut de locataire à celui de propriétaire, mettre fin aux charges de loyer qui participent depuis trop longtemps aux difficultés d’équilibre du bilan financier de l’école

par la création de salles de classe supplémentaires, favoriser la scolarisation des enfants du quartier

favoriser l’emploi local par la création de 6 postes d’instituteurs.

Pressé de questions sur son école et son projet, Modibo a réalisé un document que vous découvrirez dans les pages qui suivent.

C’est une belle aventure ! L’association " Jamais ABOU de souffle " souhaite qu’elle continue, et compte sur votre soutien. Par avance, merci !

Par Philippe - Publié dans : Ecole Joseph Ki-Zerbo
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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /Déc /2006 17:24

Début novembre, Abou s’est soudainement plaint de maux de tête et de fièvre. Emmené au dispensaire par Moustapha, une crise de paludisme a rapidement été diagnostiquée par le médecin de garde. Abou suit actuellement un traitement médicamenteux . Fatigué par sa maladie, il a manqué plusieurs jours de classe. Il se remet doucement, son moral est bon. Bien qu’il n’ait plus de parents, Abou est très entouré, et Moustapha prend soin de lui comme un père le ferait. Si vous souhaitez envoyer un petit message de soutien à Abou, adressez-le à Moustapha qui le lui transmettra (taphavoyage@hotmail.com).

Par Philippe - Publié dans : Parrainage de la scolarité des enfants
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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /Déc /2006 17:23

 Issa est le plus jeune des enfants dont la scolarité est prise en charge par l’association. Vivant dans le voisinage de l’école Sigi Ja, celle-ci est pour lui un véritable "aimant". Issa passait ses journées aux portes des salles de classe, en rêvant de pouvoir un jour en franchir le seuil. Grâce à vous, il vient de réaliser son rêve! L’opération "Parrainage de la scolarité des enfants de Sigi Ja" se poursuit ! Vos dons permettent à ce jour de scolariser 34 enfants pendant toute l’année scolaire ! Dans le même temps, le contact a été établi entre Sigi Ja et l’école primaire de Fey (Metz), et les enfants débutent une correspondance. Philippe se charge avec plaisir du rôle de facteur à chacun de ses vols pour Bamako.

Par Philippe - Publié dans : Parrainage de la scolarité des enfants
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